ces perles qui deviennent prière

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babette

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En égrenant son chapelet, Marie pense à celle qui lui a donné son nom, récitant des « pater » et des « ave ».

Alors qu’à l’autre bout de la terre, ihn kyang compte inlassablement ses perles d’ambre, encore et encore.

Dans sa montagne, Fatima, elle aussi, comme chaque matin prend son chapelet dans la main et se met à l’égrener louant Allah.

D’un bout à l’autre de la terre, ces femmes prient.
Sans le savoir, elles accomplissent chaque jour le même rituel,
elles tiennent dans leurs mains ces perles qui leurs ont été transmises le plus souvent par leur mère.
Elles comptent, elles récitent.
L’interlocuteur n’est pas tout à fait le même, pas tout à fait un autre.
Elles le nomment Dieu, Allah ou Shiva.
Leurs prières se ressemblent
D’un bout à l’autre de la terre…



Ces perles qu’on égrène pour réciter les prières
Ces perles qu’on a assemblé et qu’on nomme chapelet.
Elles existent depuis la nuit des temps.






L’inde hindouiste est la première à comptabiliser les prières sur des perles.
Le matériau, le nombre et la disposition des perles diffèrent d’une religion à l’autre, mais des associations symboliques les relient.

Le plus ancien nom des perles de prière hindouistes est « japamala » qui signifie « chapelet murmurant » mais également « chapelet des roses » car les perles sont faites de pétales roulés de rose de Sharon (variété d’hibiscus)
Le nombre de grains de chapelet varie d’une religion à l’autre mais les multiples de trois prédominent.
Ce nombre reflète l’importance pour les prières et les doctrines fondamentales (la triade Bouddhiste : Bouddha, la Doctrine et la Communauté), ou la trinité chrétienne ( le Père, le Fils et le Saint Esprit).

Le chapelet hindouiste et son dérivé le chapelet bouddhique comportent 108 perles
Le chapelet musulman en compte 99
Le catholique romain, 150

Outre leur fonction première, ils sont chargés de significations sociales, intellectuelles, psychologiques et esthétiques et sont parfois le seul bien matériel de certains ascètes.

Les prières sont récitées selon un rythme cyclique. Quelle que soit la taille du chapelet, l’enfilade se termine par une perle marquant le début et la fin du cycle.

Des repères placés à intervalles réguliers permettent la pause.

Les chapelets finissent par devenir des signes extérieurs de richesse allant ainsi à l’encontre de ce qu’ils représentent et du renoncement qu’ils devraient susciter.

Les matériaux généralement employés pour faire les chapelets sont le bois, le verre et le plastique; ceux que l’on trouve dans les musées sont faits d’or, d’argent, et de diverses pierres toutes plus précieuses les unes que les autres.



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Chez les hindous, on distingue les vishnouistes qui utilisent des graines de tulsi (basilic sacré) alors que les shivaistes se servent de graines de rudraksha.




Chez les bouddhistes, les japonais fabriquent leurs chapelets avec le bois, tandis que les tibétains privilégient l’ambre, le corail et l’os humain.
Les chapelets des moines sont différents de ceux des laïcs, les premiers devant se protéger d’états d’âmes et de désirs coupables doivent égrener plus de perles.




L’Islam s’est inspiré du concept du chapelet bouddique.
Le chapelet musulman comporte 99 grains et une perle terminale.
Les perles sont des aide mémoires destinés à psalmodier les 99 attributs de Dieu.
La 100ème perle est pour Allah.
Les chapelets musulmans sont souvent en bois précieux (acacia, ébène, santal,…)mais d’autres sont en os, en ivoire, en corail ou en ambre.
Cependant les grains de chapelets faits de noyaux de dattes de la Mecque et de Médine sont révérés.
La Mecque est un centre important pour les commerces, amenées du monde entier.





Les rosaires catholiques romains : Des tombes du VIIè siècle ont révélé des enfilades de perles enroulées autour des mains du défunt, coutume toujours observée en Italie et au Japon. Ces perles ont fonction de Talisman.
Les 150 grains sont connus sous « perles d’Ave » et correspondent au nombre de prières adressées à la Vierge Marie.
10 « ave » suivis d’un « notre père » compté sur 1 grain plus grand. Les dizaines rappellent un épisode ou un mystère de la vie du Christ et de Marie.
Au moyen âge, le rosaire porté autour du cou servait même de parure. Insigne religieux, il l’était aussi de respectabilité.





Dans certains pays comme la Grèce, la Turquie ou en Moyen-Orient, les hommes palpent une enfilade de perles.
Ils disent n’y voir aucun sens particulier. Cependant ces « enfilages» ressemblant fort aux chapelets chrétiens ou musulmans.
Elles procurent un sentiment de sécurité, peut-être inconsciemment spirituel.






Peut-être que nous aussi lorsque nous touchons nos perles, que nous les enfilons les unes après les autres, elles nous sécurisent, elles nous apaisent,…
Peut-être que même si nous ne les utilisons pas pour prier, elles nous apportent comme à Marie, ihn kyang et Fatima des moments de calme et de sérénité…

merci à Lois Sherr Dubin et son magnifique ouvrage "le livre des perles" sans qui je n'aurai pu recueillir ces précieuses informations.


À bientôt pour une nouvelle histoire de perles
 
Dernière édition:

Francesca15

Moderateur-Traducteur italien, anglais, allemand
:merci: pour cette histoire et pour nous avoir donné une perspective spirituelle sur les perles.
 

marie-françoise

Active Member
c'est une très belle histoire et très vrai, c'est aussi vrai que quand on perle, on est plus sereine et que les soucis s'envole.
un grand:bravo:et :merci: de nous l'avoir raconter
 

qesienne

New Member
:merci: pour toutes ces infos, et il est vrai que cette passion nous apporte beaucoup de sérenité, mais aussi tellement joie, quand on arrive à faire ce que l'on a imaginé dans nos rèves de petite fille...
 
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